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Deuxième défi solaire: 18-20 Avril au 13 Mai 2001

Randonnée Saône-Seine

850 Km- 240 écluses - 22 étapes

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Compte-rendu de l'expédition du défi 2 avec le bateau Vél'eau 12

Les expéditions au long cours en embarcation à propulsion humaine sont courantes, qu'il s'agisse de traversées de l'Atlantique en barque ou de descentes de fleuves en canoë. Le Défi Solaire 2001 était d'une autre nature : un périple de Port-sur-Saône (non loin de Vésoul, en France) jusqu'à l'estuaire de la Seine, entre Rouen et Le Havre. Le voyage nous a menés sur la Saône, à travers 17 écluses et 2 tunnels, puis sur le canal de Bourgogne, en franchissant 76 écluses, un tunnel non éclairé de 4 km, et enfin en descendant 117 écluses. Puis, portés par les eaux tumultueuses, nous avons descendu l'Yonne (15 écluses) et, après avoir franchi les 12 dernières écluses de la Seine, nous avons atteint les eaux salées de la Manche. Au total, ce furent environ 850 km parcourus entre le 19 avril et le 13 mai. En raison d'interruptions dues aux crues, le voyage n'a pu être effectué qu'en 20 jours. Les trois bateaux ont été construits par Matthias Wegmann d'Eco-Inventions. Ils ont été affrétés par le groupe rouennais Conception Hélios Propulsion. Il s'agissait du trimaran solaire Basilisk II, qui avait déjà servi de bateau d'assistance lors des Championnats du monde de 1999 à Interlaken ; du « Voyageur », un cabin cruiser commercial équipé de panneaux solaires ; et du Vel'eau 12, un bateau à propulsion humaine doté de 10 sièges à pédales. Les affréteurs, soucieux de ne pas se fier uniquement à la force musculaire, ont demandé une propulsion solaire supplémentaire. Ainsi, peu avant le départ, le Vel'eau 12 a été équipé d'un puissant moteur, de batteries et d'un grand toit solaire. Les conditions météorologiques ont été assez mauvaises pendant la quasi-totalité du voyage : froid et pluvieux, avec peu d'ensoleillement. Malgré cela, les bateaux solaires ont bien progressé et ont accompli leurs étapes quotidiennes prévues. Le Basilisk II a fonctionné sans aucun rechargement sur le réseau électrique, et les batteries du Voyageur n'ont nécessité que quelques recharges. Le Vel'eau 12 a même surpassé tous les autres, propulsé uniquement à la force des bras : son toit solaire n'a été installé que vers la fin du voyage et a servi de protection contre la pluie, un luxe pourtant bienvenu ! Si le Vel'eau 12 a constamment devancé tous les autres (et a même remorqué les bateaux solaires à plusieurs reprises), ce n'était pas seulement grâce à sa coque optimale et à sa grande hélice, mais surtout grâce à l'enthousiasme de son équipage, composé principalement de cyclotouristes ; quelques membres de France-VPH étaient également à bord. Les passagers embarquaient sans cesse le long des canaux, surtout des jeunes. Ils préféraient le Veleau 12 aux bateaux solaires plus confortables ; il y avait toujours de l?animation ! La disposition des sièges face à face ? contrairement à celle d'un bus ou d'un avion ? y a sans doute contribué. On pourrait penser que pédaler dix heures par jour serait une torture, ou du moins une source de courbatures. Or, c?était tout le contraire : la position confortable des sièges inclinables, le mouvement régulier et modéré, et la possibilité de faire des pauses régulières ont rendu le voyage plus agréable que prévu pour l'équipage. L'excellente ambiance, malgré la pluie, et l'intérêt du public tout au long du parcours ont certainement contribué à ce succès. Nous avons été invités à plusieurs reprises à de petites réceptions, et les médias locaux ont régulièrement couvert le voyage. Le dernier jour, l'hydroptère tandem Nij Atao du Lycée Vauban de Brest nous a rejoints ; il s'agissait d'un bateau similaire à l'Af Chapman suédois. Les membres de Concept Hélios Propulsion ont été tellement impressionnés par les performances des embarcations à propulsion humaine qu'ils ont envisagé de revoir leur objectif de traversée de la Manche à l'énergie solaire : traverser la Manche à la force humaine ! Au retour, la propulsion solaire du Vel'eau 12 a enfin démontré toute sa valeur : contre le fort courant, avec seulement quelques pédaliers, la traversée s'est avérée très agréable. Il manque encore le système de changement de vitesse du moteur basé sur le principe de l'amplification de la force musculaire (par exemple, le système Velocity), initialement prévu pour le projet Ecoboot (voir InfoBull 94). La durée du voyage a été largement déterminée par le passage des écluses. Comme nous étions pratiquement seuls avec les trois bateaux et que nous pouvions envoyer des cyclistes en éclaireurs sur les canaux, les écluses étaient presque toujours prêtes. La plupart étaient très anciennes et fonctionnaient encore manuellement : manivelles pour les vannes et leviers pour les portes. Elles se sont avérées plus rapides que les quelques écluses électriques : le record de passage est de 7 minutes, pendant lesquelles environ 500 tonnes d?eau ont dû être évacuées ! Le Vel'eau 12 était même une minute plus rapide à chaque fois, car ce bateau élancé pouvait sortir avec la porte à moitié ouverte. Le Vel'eau 12 et les deux autres bateaux sont désormais basés à Besançon et peuvent être loués. Des croisières guidées d'une semaine, au départ ou à destination de Lyon, sur le Doubs et la Saône, sont prévues.
Theo Schmidt, CH-Steffisburg

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